Les impacts du RGPD sur le marketing digital

par | Jan 30, 2019

Les entreprises sont en train de vivre un changement spectaculaire dans leur organisation marketing suite à la progression rapide des nouveaux médias. Le marketing digital se trouve au centre duquel les experts en marketing s’activent et veulent exceller.  Avec le RGPD rendu officiel, l’ensemble de leurs campagnes va se trouver handicapé et on se demande si revenir au classique street marketing serait une plus sage décision.

 

Que signifie RGPD ?

 Le RGPD c’est le Règlement Général sur la Protection des Données. Comme nous vivons à présent dans l’ère numérique, nous sommes tous en possession d’un certain volume de données personnelles. Le RGPD a pour but principal de freiner l’exploitation de ces données pour des fins commerciales ou publicitaires.

 Le 25 mai 2018, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) est entré en vigueur. Toutes les données personnelles, l’essence qui fait tourner la machine du marketing digital, doivent avoir le consentement de leur propriétaire pour pouvoir être exploitées. L’amende pourrait atteindre les 20 millions d’euros en plus des 150 000 € que la CNIL réserve pour ceux qui ne respectent pas la vie privée et la liberté des individus.

 

Pourquoi le RGPD constitue un frein pour le marketing digital ?

 Les opérations du webmarketing sont majoritairement basées sur l’exploitation des données personnelles. Alors, désormais il va falloir les harmoniser avec le respect du RGDP :

  • La taille des bases de données personnelles réduite

La demande de l’acceptation est de mise pour l’envoi en masse de publicités ou invitations en ligne ou de newsletters. Votre base doit être constituée de contacts au courant de votre manigance commerciale ou “contacts opt-in”. L’enrichissement de la base se fera via le recueil d’acceptation également d’où la réduction inévitable de sa taille.

  • Les formulaires avec des explications

Si vous demandez aux visiteurs de remplir un formulaire, le RGDP exige que vous leur mettiez au courant de l’ultime but de cette action, mais aussi de votre intention, comme l’envoi de newsletters ou invitations à un événement de promotions ; ils sont en droit de le savoir et de vous refuser, si cela ne les intéresse pas. Ils peuvent confirmer leur consentement ou refus sous forme de cases à cocher.

 

  • La base des prospects en growth hacking se trouve entravée

Au moyen du “scrapping” on peut collecter de façon peu légale des adresses emails sur les moteurs de recherche, les réseaux sociaux comme LinkedIn ou des sites d’annonces. On peut leur envoyer après des pubs de lancement de nouveau produit et donc les surprendre. Avec la mise en application du RGPD, cette pratique du Growth Hacking ne peut plus être utilisée.

  • Les pages web chargées de bandeaux de cookies

Avec cette nouvelle loi, toute page web doit comporter un minimum de cases à cocher pour avoir l’avis de l’internaute sur les cookies. La vitesse de chargement de la page sera lente. L’impact du RGPD affectera indirectement sa visibilité sur Google et par conséquent, ses campagnes commerciales dans son ensemble.

 

  • Le profilage sur les plateformes de réseaux sociaux conditionné

Il est désormais interdit par le RGPD de constituer un profilage sur les réseaux sociaux, au moyen de critères personnels comme l’opinion religieuse. L’utilisation de l’adresse email d’un client pour cibler des audiences similaires (le “ciblage customer match”) devrait être précisée au moment du recueil du consentement.

 

  • Pistage des cibles par les cookies publicitaires conditionné

Les adeptes de l’utilisation des cookies sont conscients des risques encourus et sont en phase de création d’alternatives pour pister leurs cibles, comme les empreintes digitales ou la détection du hardware. Mais le consentement de l’utilisateur est à obtenir au préalable.

 

  • La pratique en Marketing automatisé et DMP opposée par RGPD

En marketing automatisé, toutes les séries d’actions dictées par les scénarios automatisés se déclenchent lorsque les données personnelles visées ou leur comportement sur un site se présentent. Une telle pratique ne peut plus être employée.

 
Le street marketing défie le temps et le RGPD

Le défi des experts en marketing digital est assez grand. C’est en effet trouver des consommateurs potentiels, garder des clients fidèles dans les labyrinthes des réseaux sociaux, avec les interdictions du RGPD à chaque recoin. Ils sont alors amenés de revoir les bonnes pratiques sur terrain du street marketing. On ressort sur table les idées qu’on pensait obsolètes comme l’utilisation des personnes déguisées en mascotte.

 La dimension humaine du street marketing engendre une interaction directe et conviviale avec les individus cibles, sans porter atteinte ni à leur vie privée ni à leur liberté d’action ; ce qui frappe davantage et rend un meilleur retour sur l’investissement.

Le street marketing, en se basant sur le contact humain, aborde le passant poliment. En matière de marketing, la seconde chance est très difficilement accordée par une cible aussi faut-il travailler sur la première impression. Au contraire, les sollicitations incessantes via les emails en marketing digital sont spamées par les récepteurs.

Une opération de communication sur une marque dans la rue permet de récolter des informations très précises et personnelles. Il suffit de l’adresse d’un commercial qui sait dévoiler le côté humain des visés. La collecte de data est plus facile et sans contrevenir aucune loi en street marketing. Nous avons plus de chance de recueillir d’un prospect des données sur sa masse corporelle que sur un site web.